La fiscalité du capital en 2026
2026 a modifié la hiérarchie des enveloppes. Hausse de la CSG, deux niveaux de prélèvements sociaux, option pour le barème, report des moins-values : voici les règles qui fixent votre rendement net.
15.1 Le grand changement de 2026
La LFSS 2026 a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, mais pas pour tout le monde.
| Composante | Ancien taux | Nouveau taux (2026) |
|---|---|---|
| CSG | 9,2 % | 10,6 % |
| CRDS | 0,5 % | 0,5 % |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | 7,5 % |
| Total | 17,2 % | 18,6 % |
Deux régimes coexistent désormais :
| 18,6 % de PS → PFU de 31,4 % | 17,2 % de PS → PFU de 30 % |
|---|---|
| Compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values) | Assurance-vie (exclue explicitement par le texte) |
| PEA (à la sortie) | PEL et CEL (plan et compte épargne logement) |
| PER (gains, tous types de PER, confirmé par la DGFiP) | Revenus fonciers |
| Épargne salariale (PEE) | Plus-values immobilières |
| Crypto-actifs | PEP |
| Comptes à terme, livrets fiscalisés, obligations en direct |
L'écart entre l'assurance-vie et les autres enveloppes financières s'est creusé de 1,4 point. Après 8 ans, l'assurance-vie taxe les gains à 24,7 % (7,5 % + 17,2 %), contre 31,4 % en compte-titres et 18,6 % en PEA de plus de 5 ans.
L'ordre de préférence fiscale reste le même : PEA > assurance-vie ≥ PER > compte-titres. Mais l'écart entre PEA et AV s'est resserré, et celui entre AV et CTO s'est élargi.
15.2 PFU ou barème : l'arbitrage (case 2OP)
Chaque année, vous pouvez choisir d'imposer l'ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers au barème progressif. L'option est globale, irrévocable pour l'année, et se coche en case 2OP de la déclaration 2042.
Ce que l'option pour le barème apporte :
- Un abattement de 40 % sur les dividendes (art. 158-3-2° CGI).
- La déduction d'une partie de la CSG (6,8 %) du revenu global de l'année suivante.
- L'application de votre TMI réelle, qui peut être de 0 % ou 11 %.
Ce qu'elle coûte :
- Elle s'applique à tous vos revenus mobiliers de l'année (plus-values comprises) : vous ne pouvez pas choisir revenu par revenu.
- Elle peut vous faire passer dans la tranche supérieure.
| PFU | Barème (2OP) | |
|---|---|---|
| Base imposable à l'IR | 10 000 € | 10 000 × 60 % = 6 000 € |
| IR | 1 280 € | 6 000 × 11 % = 660 € |
| Prélèvements sociaux | 1 860 € | 1 860 € |
| CSG déductible l'année suivante | 0 € | −75 € |
| Coût total | 3 140 € | 2 445 € |
Gain de l'option : 695 €.
| PFU | Barème | |
|---|---|---|
| IR | 1 280 € | 6 000 × 41 % = 2 460 € |
| PS | 1 860 € | 1 860 € |
| CSG déductible | 0 € | −279 € |
| Coût total | 3 140 € | 4 041 € |
Le PFU est meilleur de 901 €.
Sur les dividendes seuls, le point de bascule se situe autour d'une TMI de 30 % : en dessous, le barème gagne grâce à l'abattement de 40 % ; au-dessus, c'est le PFU. Sur les plus-values (sans abattement de 40 %), le point de bascule est plus bas : le barème n'est intéressant qu'avec une TMI de 0 % ou 11 %. Refaites le calcul chaque année : l'option est annuelle, et le simulateur d'impots.gouv.fr la teste automatiquement.
15.3 Plus-values sur titres : imputation des moins-values
Les moins-values de cession de titres s'imputent sur les plus-values de même nature de l'année, puis se reportent sur les 10 années suivantes. Elles ne s'imputent jamais sur le revenu global.
En décembre, votre compte-titres affiche +14 000 € de plus-values réalisées dans l'année, et une ligne en moins-value latente de −9 000 €.
- Sans rien faire : impôt = 14 000 × 31,4 % = 4 396 €
- En vendant la ligne perdante : base = 14 000 − 9 000 = 5 000 € → impôt = 1 570 €. Économie immédiate : 2 826 €.
- Vous pouvez racheter le titre. Il n'existe pas en France de règle anti-rachat formelle (wash sale) comme aux États-Unis, mais l'administration peut invoquer l'abus de droit si l'opération est purement artificielle et instantanée. En pratique, racheter un ETF différent mais équivalent est la voie prudente.
Vous choisissez librement sur quelles plus-values imputer vos moins-values : commencez par celles qui subiraient le taux le plus élevé.
15.4 L'IFI (impôt sur la fortune immobilière)
- Seuil : patrimoine immobilier net taxable supérieur à 1 300 000 € au 1er janvier.
- Assiette : les biens et droits immobiliers détenus directement ou indirectement (parts de SCPI, d'OPCI, fraction immobilière des UC d'assurance-vie). Les actifs financiers en sont exclus.
- Abattement de 30 % sur la résidence principale.
- Les dettes liées aux biens taxables sont déductibles.
- Barème : de 0,5 % (fraction entre 800 k€ et 1,3 M€) à 1,5 % (au-delà de 10 M€), avec une décote pour les patrimoines entre 1,3 et 1,4 M€.
- Plafonnement : IFI + IR ≤ 75 % des revenus.
Note 2026 : le projet d'étendre l'IFI aux fonds euros d'assurance-vie n'a pas été retenu dans la loi de finances définitive.